Les aventures de Be Tsara (Tahina et Tristan) : première Importation

Après de nombreuses péripéties, l’huile essentielle de ravintsara certifiée bio est enfin arrivée. Et la boutique en ligne est ouverte : www.betsara.com/boutique
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Comme l’histoire de cette importation est une véritable aventure, avec Tahina, nous avons décidé de la partager avec vous :

 Les aventures de Tahina et Tristan : Importation #1

Après une longue attente concernant la certification bio, (premier contact novembre 2013, paiement juillet 2015 et certification le 20 décembre 2015 : 2 ans et demi), nous avons pu commencer à faire les démarches d’importation.

Pendant que je fais les procédures françaises avec le transporteur et notamment la demande de liste de papier exhaustive, Tahina commence un vrai parcours du combattant avec les différentes administrations.

Dès que l’huile est certifiée, il va tout de suite voir le chef du village pour payer la taxe permettant la sortie des produits comme ça se fait à Madagascar.

Et pas de chance, le chef du village lui dit :

  • « Tahina, je suis désolé, mais tu vas devoir attendre, nous sommes en train de revoter la taxe… »

=> Trois semaines de retard

Une fois sa taxe payée, je reçois la liste « exhaustive » des papiers demandés pour l’exportation/importation, Tahina se met en route pour la capitale Tana (diminutif d’Antananarivo) avec ses papiers.

Une fois arrivé là-bas, il fait venir un commissaire du ministère du commerce qui fait l’échantillonnage pour l’analyse dans un laboratoire conseillé par le transporteur.

Et au laboratoire :

  • « Bonjour M. SPIRAL, nous sommes désolés mais nous n’avons pas le matériel adéquat pour faire l’analyse d’huile essentielle… »

Tahina fait revenir le commissaire pour changer les échantillons, trouvé un autre laboratoire et les y emmène

=> Trois jours de retard (merci transporteur #1)

Une fois fait, en attendant l’analyse, Tahina va voir l’agence du transporteur pour vérifier les papiers qu’il doit fournir. Bonne idée, parce qu’une fois arrivé là-bas, ils avaient oublié de nous dire dans la liste « exhaustive » de fournir un certificat des eaux et forêts et une facture domiciliée à la banque…

=> Retour au village (700km) (merci transporteur #2, bilan carbone : peut mieux faire…)

Une fois de retour au village, à l’accueil des eaux et forêts, la personne lui dit :

  • « Bonjour, M. SPIRAL, nous sommes désolés mais nous ne sommes pas compétents pour écrire ce certificat… »

Tahina, dépité, rentre chez lui le soir… Le lendemain, il va quand même voir la personne qu’il connaît aux eaux et forêts qui lui dit :

  • « Tahina, n’écoute pas cette personne, elle est nouvelle, va voir directement le directeur, il te fera ton certificat »

Arrivé devant le directeur, le certificat est fait en 5 min. (Ouf, problème résolu… 2 jours)

Parallèlement, il va à la banque faire faire sa facture domiciliée. Bien entendu, ils n’ont jamais entendu parler de factures domiciliées et ne savent pas faire. Après plusieurs appels à la banque centrale, ils lui fournissent enfin au bout de 3 jours la facture. Tahina remonte à Tana (la capitale), récupère son analyse et va voir le transporteur avec sa liste de papiers (comprenant le certificat bio ecocert : petite précision pour la suite de l’histoire).

Arrivé à l’agence, la personne lui dit :

  • « Désolé M. SPIRAL, votre facture domiciliée n’est pas au bon format ».

Tahina va à la banque centrale (Société Générale) sur Tana et lui la refont correctement. Il revient le lendemain à l’agence et la personne lui dit :

  • « Bien, mais il vous manque le certificat phytosanitaire »
  • « vous ne nous avez jamais parlé d’un certificat phytosanitaire, qu’est-ce que c’est et où puis-je le trouver?
  • « Je ne sais pas »

De bon matin Tahina fait le tour des laboratoires pour essayer de faire faire un certificat mais personne ne sait ce que c’est. Dépité, il m’appelle et me raconte. Ni une ni deux, j’appelle le responsable en France, pour lui passer un savon et lui demander où nous pouvons faire ce certificat. Il me dit qu’il se renseigne et me rappel. Dix minutes plus tard, nous recevons un mail Tahina, Joëlle (sa compagne) et moi de la personne de l’agence à Madagascar, nous disant qu’en faite, nous n’avons pas besoin de ce certificat parce que nous avions la certification bio. Le dossier étant complet, elle nous demande quand elle peut venir récupérer les huiles pour l’exportation. Bien entendu, ce mail datant d’un vendredi après midi, ils ne sont pas venus avant le lundi matin.

=> Retard trois jours de plus, (merci transporteur #3)

Le lundi soir, l’agence de France m’envoie un mail me disant qu’il manquait le tampon sur les papiers envoyés  10 jours plus tôt… (Question #1 : Mais pourquoi ils ne m’ont pas dit ça plus tôt…) Bien sûr, pas de tampon, donc je dois aller en faire faire un en vitesse le mardi matin. Je fais les papiers et comme ils ont besoin des originaux, je les envois par la poste.

=> Retard trois jours de plus, (merci transporteur #4)

Enfin, l’agence de Madagascar nous annonce que l’huile partira le vendredi et sera à Marseille le lundi matin. (En général, c’est plutôt douze heures d’avions, mais là…)

Le vendredi matin, l’agence de France m’appelle pour me dire que je dois m’enregistrer auprès des douanes et que cela prend trois ou quatre jours. (Question #2 : Mais pourquoi ils ne m’ont pas dit ça plus tôt…). Encore heureux, je tombe sur quelqu’un de super efficace qui me fait l’enregistrement en moins d’une heure.

Le lundi matin, l’huile atterrit à Marseille et l’apothéose, mail du transporteur me demandant l’original du certificat ECOCERT (bio) :

Je réponds:

  • Moi : « Mais nous vous les avons fournis à Madagascar »
  • Transporteur : « Non ce que vous nous avez fourni c’est le certificat de la plantation, nous avons besoin du certificat pour le transport »
  • Moi : « Vous êtes en train de me dire que l’huile est partie sans que le dossier soit complet… »
  • Transporteur : « Mais là-bas, ils n’en avaient pas besoin… »
  • Moi : « Oui mais là-bas, le « ils » pour moi c’est « vous ». Je vous ai payé pour ça… »
  • Le transporteur me coupe en me disant : « vous n’avez pas ce certificat? »
  • Moi : « Bien sûr que non, il est à Madagascar. »
  • Transporteur : « Si vous voulez nous pouvons faire passer l’huile en disant qu’elle n’est pas bio… »
  • Moi : « Nous n’avons pas payé 1500€ et attendu 8 mois pour qu’au final nous ne puissions pas la vendre en bio… »

Sur ce, j’appelle Ecocert France qui m’explique la procédure. J’appelle Tahina pour lui expliquer. Il retourne à Ecocert Madagascar pour demander le papier. Ecocert Madagascar, lui propose d’envoyer le certificat à Ecocert France par mail, pour qu’eux signent et envoient l’original directement au transporteur.

=> Retard sept jours de plus (merci transporteur #5)

Le lundi suivant, le transporteur me rappelle pour me dire qu’ils ont bien reçu les papiers et qu’ils lancent le dédouanement. Le lendemain dernier coup de sueur, ils me rappellent en me disant que mon numéro douanier n’est pas bon. Je leur renvoi ce que la douane m’avait transmis. Deux heures plus tard, ils me rappellent me disant que c’était les douanes qui s’étaient trompées et que l’huile était dédouanée et que je pouvais venir la chercher…

ENFIN

Fin de cette petite aventure jeudi 17/03/2016

Comme le dit mon ami malgache (Tahina) avec plein de sagesse : « Tout arrive à point à qui sait attendre!! »

Et comme ils disent aussi à Madagascar : « Vous avez les montres, nous on a le temps. »

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Tristan

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Tahina

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